Objectifs généraux
- Garantir un approvisionnement fiable et durable en énergie et en eau pour une nouvelle zone de développement.
- La mise en culture de zones désertiques et leur transformation en terres fertiles destinées à l'agriculture et à la subsistance.
- Développement d'un pôle d'implantation urbain et rural innovant et prospère.
- Réduire les émissions de gaz à effet de serre et diminuer la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles.
- Mise en avant de capacités technologiques de pointe et leur intégration au sein d'un système synergique.
- Créer des emplois et favoriser la croissance économique régionale.
Les éléments du dispositif et leur synergie
L'installation comprendra les éléments suivants, fonctionnant en synergie :
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Réacteur nucléaire (de préférence un SMR – petit réacteur modulaire)
Il fournira une énergie de base fiable et propre pour le dessalement, le réseau électrique et les systèmes de pompage.
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Station de dessalement d'eau de mer
Produit de l'eau douce destinée à l'agriculture, à la consommation et à l'industrie, alimenté par l'énergie produite par le réacteur et/ou l'énergie solaire.
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Barrage hydroélectrique et réservoir d'eau
- Il servira de système de stockage par pompage : l'énergie solaire excédentaire sera utilisée pour pomper l'eau vers le réservoir supérieur ; aux heures de pointe ou en l'absence d'ensoleillement, l'eau sera relâchée pour produire de l'électricité.
- Il est également possible de produire de l'énergie hydroélectrique à partir du débit des eaux usées traitées ou des excédents de dessalement, si cela est prévu dans la conception.
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Panneaux solaires flottants (Floatovoltaics)
Ils seront installés sur le réservoir d'eau, produiront de l'électricité propre, réduiront l'évaporation et permettront une utilisation efficace de l'espace.
La synergie principale : La centrale nucléaire fournit une énergie de base constante, le parc solaire fournit de l'énergie pendant la journée (notamment pour recharger le système de stockage par pompage), et le système de stockage par pompage assure la flexibilité et la sécurité d'approvisionnement du réseau. L'eau dessalée permet le développement de l'agriculture et de l'habitat, qui bénéficient ainsi d'une énergie propre et fiable fournie en continu.
Intégration dans le tissu géographique
La vision d'un peuplement intelligent, stable et écologique dans un environnement désertique se concrétise à travers un modèle à plusieurs niveaux, fondé sur une hiérarchie fonctionnelle et graduée des localités, qui s'inspire de la nature – du cours d'eau jusqu'à la capitale.
- Fondamentalement, cet espace est défini par des valeurs naturelles et des corridors écologiques, qui constituent un atout environnemental essentiel : des réserves naturelles intactes qui préservent l'équilibre écologique.
- Au-dessus, la deuxième couche repose sur des pôles de développement écologiques : des " fermes isolées " qui exploitent les infrastructures existantes (eau, électricité, routes) tout en causant un minimum de perturbations. Celles-ci servent également de pôles d'attraction proposant des expériences et reposant sur la sécurité environnementale.
- Le troisième niveau est constitué d'établissements ruraux agricoles – des moshavim et des kibboutzim dotés d'infrastructures de base, qui allient habitat et agriculture moderne, tout en respectant les limites écologiques.
- Au sommet du système se trouve l'agglomération urbaine – une capitale ou une métropole, dynamique et à la pointe de la technologie, qui offre des services collectifs, des infrastructures éducatives et culturelles ainsi que des possibilités d'emploi, et qui constitue un pôle régional d'innovation.
Cette combinaison prend une dimension supplémentaire lorsqu'on planifie l'emplacement de ' Neve Haim ', en s'adaptant aux ressources du lieu :
- La construction de cette centrale innovante s'appuiera sur un emplacement optimal dans un désert aride, avec un accès au littoral permettant la mise en place d'une usine de dessalement et le rejet contrôlé des eaux saumâtres en mer. Une topographie adaptée permettra la construction d’un barrage et d’un réservoir de stockage par pompage, tout en tirant efficacement parti des conditions du terrain.
- Une planification spatiale globale comprendra la définition des affectations des sols, la mise en place de zones de sécurité autour des éléments sensibles (tels que les réacteurs) et l'intégration des infrastructures de distribution d'eau et d'électricité. Autour de l'installation, des zones d'agriculture moderne ainsi que des zones résidentielles et d'emploi seront développées selon le modèle d'une ville ou d'un village « intelligent » et « vert », intégrant des solutions urbaines de pointe dans les domaines de l'eau et de l'énergie.
- Des considérations environnementales rigoureuses constitueront un élément fondamental à toutes les étapes du projet, depuis la gestion des eaux saumâtres jusqu’à la prise en compte des impacts écologiques du réservoir et du barrage. Une étude d'impact environnemental exhaustive garantira que l'installation fonctionnera selon une approche durable et s'intégrera harmonieusement dans son environnement.
Principales parties prenantes
- Gouvernement israélien : ministères de l'Énergie, de la Protection de l'environnement, de l'Agriculture, de l'Intérieur, des Finances, de la Construction et du Logement, du Néguev et du Galil.
- Organismes de régulation : l'Autorité de l'électricité, l'Autorité de l'eau, la Commission de l'énergie atomique, les commissions d'urbanisme et de construction.
- Organismes de financement : banques, investisseurs institutionnels, fonds d'investissement privés, banques de développement internationales.
- Entreprises technologiques : fournisseurs de réacteurs nucléaires, technologies de dessalement, panneaux solaires, turbines hydroélectriques.
- Le public : les futurs habitants de la région, les organisations environnementales et sociales, la communauté scientifique.
- Secteurs agricole et industriel : les futurs consommateurs d'eau et d'énergie.
Les étapes du plan de travail
Phase 1 : Lancement, études de faisabilité et conception (2 à 4 ans)
- Recherche et développement (R&D) préliminaire visant à évaluer les technologies optimales et à les intégrer.
- Identification et analyse des sites potentiels : études géologiques, environnementales et de sécurité, ainsi que de la proximité de la mer et du réseau électrique.
- Études de faisabilité approfondies : techniques, économiques (CAPEX, OPEX), environnementales (ESIA préliminaire), sociales et réglementaires.
- Élaboration d'un concept de planification intégrée, comprenant des modèles préliminaires de production d'eau et d'énergie.
- Définition d'un cadre réglementaire et obtention d'autorisations de principe.
- Recherche de partenaires stratégiques et élaboration d'un plan de financement préliminaire.
Phase 2 : Conception détaillée, obtention des autorisations et bouclage financier (3 à 6 ans)
- Conception technique détaillée (FEED – Front-End Engineering Design) de tous les composants de l'installation et de leur intégration.
- Rédaction d'études d'impact sur l'environnement (EIE) détaillées et soumission de celles-ci pour approbation.
- Obtention de toutes les autorisations et permis nécessaires (permis de construire, d'exploitation, de rejet de saumure, etc.).
- Clôture financière : garantie de l'ensemble des sources de financement du projet.
- Préparation des appels d'offres et sélection des entrepreneurs et des principaux fournisseurs.
Phase 3 : Construction, assemblage et essais (7 à 15 ans)
- Travaux d'infrastructure et aménagement du site.
- Mise en place progressive des différents éléments : barrage et réservoir, centrale nucléaire, usine de dessalement, parc solaire flottant, raccordements aux réseaux d'eau et d'électricité.
- Intégration et essais de mise en service (Commissioning) de chaque système pris séparément et de l'installation dans son ensemble.
- Formation des équipes d'exploitation et de maintenance.
Approvisionnement en énergie pendant la phase de construction
- Raccordement initial au réseau national : dans la mesure du possible et si cela est économiquement viable, une infrastructure de transport initiale sera mise en place entre le réseau national et le site.
- Mise en place anticipée d'une installation solaire + stockage dédiée à la phase de construction : Le premier volet du projet consistera en la construction d'un parc solaire de taille moyenne équipé d'installations de stockage (batteries) qui fourniront, de manière propre et stable, une partie de l'énergie nécessaire au chantier.
- Générateurs (diesel/gaz) : ils seront utilisés comme solution de secours, pour des travaux spécifiques nécessitant une grande mobilité, et lors des toutes premières phases avant la mise en service des autres sources d'énergie. Tout sera mis en œuvre pour réduire au minimum leur utilisation.
Principaux sous-projets de la phase de construction
- Infrastructures d'accès et logistiques : aménagement des routes d'accès principales et internes, mise en place de camps de travailleurs, infrastructures provisoires d'approvisionnement en eau et d'assainissement, aires de déchargement (pour les équipements lourds/fragiles) et zones de stockage logistique.
- Système d'adduction d'eau de mer et de création de réservoirs : construction d'un canal d'adduction d'eau de mer vers l'usine de dessalement et vers le réservoir inférieur du système de stockage par pompage ; construction du barrage et du réservoir supérieur du système de stockage par pompage.
- Construction de la centrale nucléaire (SMR) : construction du complexe du réacteur, installation des systèmes du cœur, de refroidissement, de contrôle et de sécurité.
- Mise en place de l'usine de dessalement : construction des bâtiments, installation des systèmes de filtration, des pompes, ainsi que des systèmes de prétraitement et de traitement final.
- Installation des panneaux solaires flottants et mise en place des systèmes d'ancrage et de raccordement électrique.
- Installation de systèmes de stockage par pompage : turbines-pompes, canalisations sous pression.
- Construction de sous-stations et de lignes électriques principales pour raccorder le complexe au réseau national.
- Pose d'une conduite principale pour acheminer l'eau dessalée vers les zones de consommation prévues.
- Construction de bâtiments destinés à la gestion, au contrôle, à la maintenance et aux laboratoires.
Intégration, tests de réception et mise en service progressive
Des tests rigoureux de chaque composant pris séparément, suivis de tests d'intégration des systèmes combinés, jusqu'à l'atteinte d'une production optimale et stable. Formation des équipes d'exploitation.
Phase 4 : Exploitation courante, maintenance et optimisation (40 à 60 ans et plus)
- Mise en service commerciale de l'installation et production d'eau et d'énergie.
- Le développement des terres agricoles et des zones habitées dépendant de l'installation.
- Maintenance courante, préventive et prédictive de tous les systèmes.
- Surveillance environnementale continue et respect des conditions des autorisations.
- Optimisation du fonctionnement synergique entre les composants.
- Planification à long terme en vue d'un démantèlement futur (notamment du réacteur nucléaire) et de la réhabilitation du site.
Financement et trésorerie
Évaluation du capital pour la phase de création (initiale)
La construction d'un complexe de cette envergure, comprenant un réacteur nucléaire, une usine de dessalement à grande échelle, un barrage et un système de pompage-stockage, de grands parcs solaires et des infrastructures connexes, constitue un mégaprojet dont les coûts sont sans précédent à l'échelle israélienne. Une estimation très approximative, qui dépendra des spécifications définitives, du nombre de réacteurs, de l’ampleur du dessalement, de la complexité topographique et des méthodes de construction, pourrait se situer dans une fourchette de plusieurs dizaines de milliards de dollars (par exemple, entre 50 et 100 milliards de dollars, voire plus).
Modèle de financement mixte (Blended Finance)
- Investissements publics directs / garanties d'État : pour les éléments stratégiques (réacteur nucléaire, infrastructures de barrage et réservoir).
- Financement privé (fonds propres et emprunts) : destiné aux entreprises technologiques et aux entrepreneurs (ferme solaire, certains projets de dessalement).
- Partenariat public-privé (PPP) : pour les grands tronçons du projet.
- Fonds d'investissement spécialisés dans les infrastructures et les énergies vertes : locaux et internationaux.
- Obligations vertes (Green Bonds) et/ou obligations liées à des projets.
- Subventions pour la recherche et le développement (R&D).
Tarification des produits de l'installation
Il sera fixé de manière à garantir un retour sur investissement raisonnable tout en maintenant des prix abordables pour les consommateurs, éventuellement grâce à un subventionnement croisé ou à un soutien de l'État au cours des premières phases.
Aspects logistiques et opérationnels lors de la phase de mise en place
Du personnel qualifié est nécessaire
- Gestion et ingénierie : chefs de projet, ingénieurs en bâtiment, en génie mécanique, en génie électrique, en génie nucléaire, en génie chimique, en environnement, en sécurité, en logistique, géomètres.
- Personnel qualifié : soudeurs, tuyauteurs, électriciens, conducteurs d'engins lourds, ouvriers du béton, ferronniers, techniciens en instrumentation et contrôle, plongeurs.
- Équipes de soutien : administration, ressources humaines, sécurité, médecine du travail.
Principales matières premières
- Béton : des millions de tonnes de ciment, de sable, de gravier et d'eau.
- Acier : de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions de tonnes d'acier d'armature, d'acier de construction et d'alliages spéciaux.
- Matériaux d'excavation et de remblayage : des millions de mètres cubes de terre et de roches.
- Canalisations : plusieurs kilomètres de canalisations de différents diamètres, fabriquées à partir de divers matériaux.
- Câbles : des milliers de kilomètres de câbles électriques et de télécommunications.
- Composants complexes : turbines, générateurs, pompes, transformateurs, membranes de dessalement, panneaux solaires, composants du cœur d'un réacteur nucléaire.
- Produits chimiques : pour les processus de construction, le traitement de l'eau, etc.
Équipements mécaniques et d'ingénierie généraux
- Matériel de terrassement : pelles mécaniques, bulldozers, niveleuses, camions de terrassement lourds, chargeuses.
- Grues : grues à tour, grues mobiles dotées d'une capacité de levage très élevée.
- Bétonnières fixes et mobiles, pompes à béton.
- Matériel de forage et de dynamitage (conventionnel).
- Matériel de pose de canalisations et d'assemblages mécaniques lourds.
- Embarcations et matériel maritime (pour la mise en place d'installations d'aspiration/de refoulement en mer).
- Matériel de transport spécialisé pour les composants volumineux et lourds.
Gestion du projet
- Direction nationale du projet (ou organisme dédié) : organisme statutaire qui sera créé et chargé de la conduite du projet, de la coordination, de la supervision et du contrôle.
- Société d'exploitation (SPV – Special Purpose Vehicle) : une société ad hoc pourrait être créée pour la construction, l'exploitation et l'entretien.
- Comités de pilotage et groupes de travail spécialisés.
- Transparence et communication à l'intention du public.
- Gestion proactive des risques.
- Un dispositif de contrôle réglementaire rigoureux et indépendant.